La lèche, herbe commune des marais, donne probablement son nom à celui qui occupe une petite combe sur les monts Berthiand, non loin du hameau d'Etables sur la commune de Ceignes. La CCMB a réhabilité ce marais.

Cette réalisation s'inscrit dans le cadre général du développement touristique des communes rurales du canton d'Izernore et traduit le souhait des élus de mettre en valeur et faire connaître le patrimoine naturel local. La communauté de communes des monts Berthiand avait aussi pour but de créer un plan d'eau sur une partie du marais pour redynamiser le milieu et favoriser la biodiversité particulièrement riche sur ce type d'habitat.
A l'origine le marais couvrait une surface de 4,2 hectares. C'était une tourbière de fond de vallée caractéristique des bas marais. Elle comprend une zone répertoriée dans l'inventaire régional des tourbières. Ce marais s'asséchait dans sa partie nord et la présence d'eau n'était apparente qu'au moment de fortes précipitations.
Géologiquement, il s'agit d'un marais d'origine glaciaire où des niveaux tourbeux d'épaisseurs variables, recouvrent des matériaux de dépôt hétérogènes sur un socle karstique. Ces formations sont saturées par les eaux de ruissellement et par les sources qui constituent le trop plein des réseaux karstiques. Inéluctablement, au fil du temps le marais était en voie " d'atterrissement " et perdait de sa dynamique. On assistait à une banalisation du milieu de part une roselière trop dense qui empêchait le développement d'autres espèces ; en ce sens la création du plan d'eau favorise la diversification des habitats.
Les eaux partiellement draînées alimentent la fontaine située à l'entrée du chemin d'accès. Les travaux entrepris ont permis de créer dans la partie Nord un étang de 0,9 hectare tout en conservant les habitats les plus riches sur le reste du site.
Pour l'heure, si une première étude écologique a permis d'inventorier une centaine d'espèces végétales non exhaustive, aucune espèce protégée n'a été décelée. La directive européenne Habitats vise à protéger non seulement les plantes et les animaux mais aussi et surtout les habitats naturels en tant que tel.
Pour la faune on peut noter la présence de quatre groupes principaux : les oiseaux, les amphibiens et reptiles, les mammifères et les insectes.
Un inventaire complémentaire a été réalisé par la FRAPNA la première année. Il permettra d'approfondir les éléments de la précédente étude réalisée par la société SOGREAH. Une détermination qualitative nous a permis de dresser les premières grandes lignes d'un plan de gestion du site.
Un observatoire et un sentier pédestre sur pilotis autorisent une approche pieds au sec de l'étang. Des panneaux pédagogiques qui reprennent les principales espèces et types d'habitat observés agrémentent cet itinéraire. Les berges qui restent fragiles sont préservées d'une circulation trop importante, l'option d'un cheminement autour du plan d'eau n'a pas été retenue afin de permettre une meilleure colonisation par la faune et la flore.
Le marais est un milieu fragile, le plus grand respect s'impose donc.
Situé sur les chemins de randonnée des monts Berthiand, ce havre de paix est équipé de tables de pique-nique afin de permettre une halte bien méritée… Des parkings ont été aménagés et une aire avec poubelles sélectives dessert l'entrée du site à la croisée des chemins.
Croisée où, la fontaine des Lèches, ou de Cabuche, ou des trois chemins, comme la désignent les " anciens " nous rappelle cette époque pas si lointaine où le marais servait de réserve d'eau aux agriculteurs. Dès le début du siècle précédent, durant les périodes sèches, deux trous (toujours visibles) entourés de caillebotis en bois permettaient alors aux quelques deux cents vaches du hameau de s'abreuver à même le marais…
La remise en état du mécanisme de la pompe, qui fonctionna jusqu'en 1980 environ, devrait bientôt permettre au bac de pierre de se souvenir …
De même, les trois sources captées dans la combe, en amont et en aval du marais, desservaient par gravité Etables jusqu'à une période très récente. Cette eau alimente toujours la fontaine et le lavoir à l'entrée du village.
La lèche durant les périodes difficiles pouvait être utilisée comme litière, mais elle était peu prisée pour cet usage car elle se décomposait mal, elle ne pourrissait pas même sur le tas de fumier…
Au moment des fortes pluies l'eau envahit le sud du marais et disparaît au niveau du " perdoir " point bas et probable exutoire karstique. La tradition orale prête à Monsieur Cavalier, instituteur du village, une coloration qui aurait permis de situer une des résurgences dans un pré, en contrebas d'Etables sur la route de Ceignes, là où se trouve un point d'eau connu sous le nom de puits du Bron.
Fort de cette cure de rajeunissement, le marais, à l'instar d'autres plus importants dans l'Est du Bugey, devrait remplir la double fonction que lui ont assignée les élus: pôle touristique, mais aussi, conservatoire des espèces avec vocation pédagogique, où les visiteurs, particuliers ou scolaires trouveront, nous l'espérons, un petit coin de paradis …
Remerciements aux anciens de la commune de Ceignes pour leurs précieux renseignements.
Informations touristiques : office de tourisme d'Izernore et des monts Berthiand